
Les participants à cette marche blanche, venus de la commune ou des villages alentour, sont également très émus. Une mère de famille de 41 ans, invitée par nos confrères de l’AFP, en fait partie : « Je me sens concernée, j’ai deux enfants, une fille de 12 ans et un fils de 13 ans. Ça aurait pu arriver à ma famille, à mon fils, ma fille ». Elle-même victime de violences sexuelles pendant dix ans, elle encourage les petites filles à parler, « il faut qu’elles prennent le courage d’en parler pour elles ».

Mais beaucoup de participants sont aussi en colère. Ils ne comprennent pas comment le suspect a pu passer entre les mailles du filet après quatre plaintes pour violations sur mineurs et deux signalements, dont un pour « comportement inapproprié » envers une lycéenne. Malgré des soupçons de pédocriminalité, il n’avait jamais été entendu auparavant par des enquêteurs. Ces dysfonctionnements ont été pointés du doigt jusqu’au plus haut sommet de l’État, qui accable l’institution judiciaire.

« Nous sommes tous Estelle Mouzin, Maëlys, Lyhanna » A la fin du défilé, le maire de Fleurance, Grégory Bobbato, s’est justement fait l’écho de cette « ville en colère », ce « territoire en colère », ce « pays en colère ». blanche.La réalité, c’est que Lyhanna est le dernier acte d’une tragédie qui se joue depuis bien trop longtemps. Celle de nier la parole des enfants ». Avant de proposer une minute de silence, il a conclu avec ces paroles chocs en référence à d’autres fillettes assassinées par des pédocriminels : « Nous sommes tous ici, Estelle Mouzin. Nous sommes tous ici, Maëlys. Nous sommes tous ici, Lyhanna. Il est enfin venu le temps de mettre un terme définitif à un système qui broie au lieu de relever et d’accompagner».