L’aspect émotionnel du séjour
Les critiques soulignent que les personnes âgées sont souvent très attachées à leur domicile. Anne le comprend, mais trouve cet argument incomplet. « On fait tous des sacrifices », dit-elle. « Je renonce à mon indépendance, à mes projets d’avenir et à ma tranquillité d’esprit. » Selon elle, la pression émotionnelle exercée sur les jeunes est systématiquement sous-estimée. Les relations amoureuses sont reportées, l’idée d’avoir des enfants est inconcevable et les choix de carrière sont davantage dictés par le temps de trajet que par l’ambition.
Il ne s’agit pas d’une attaque contre les personnes âgées, mais contre le système.
Anne insiste sur le fait qu’elle ne considère pas les personnes âgées comme des ennemis. Ses critiques visent des mesures politiques reportées depuis des décennies. « Les politiciens ont agi bien trop longtemps comme si le marché allait tout réguler. » Il en résulte une génération qui fait tout ce qu’on lui demande, mais qui ne trouve sa place nulle part. « Il est donc logique qu’ils envisagent une redistribution », explique-t-elle. « Non par colère, mais par nécessité. »
Une question gênante qui reste sans réponse.
Anne n’est pas certaine que des coupes budgétaires obligatoires soient la solution. Mais ce dont elle est sûre, c’est que l’inaction n’est plus envisageable. « Chaque solution a ses victimes », dit-elle. « La seule question est : qui ? » Actuellement, ce sont surtout les jeunes qui sont touchés. Et tant que cela restera le cas, le mécontentement ne cessera de croître. « Je ne demande pas le luxe », conclut Anne. « Juste un début. »
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