Maternité solo : Fabienne Carat brise le tabou de l’épuisement et des jugements

Maternité solo : Fabienne Carat brise le tabou de l’épuisement et des jugements

“Le message sous-jacent est qu’il peut exister des périodes de turbulence et des difficultés. Lorsqu’une mère doit assumer seule l’ensemble des responsabilités liées à son enfant – j’entends par ‘maman solo’ une mère confrontée à l’absence du père dans le quotidien, l’éducation et la prise en charge de l’enfant – cette situation peut représenter une charge particulièrement importante” analyse la psychologue.

Elle rappelle qu’ici, il n’y a pas de notion “d’équipe parentale”. Dès lors, voir une personnalité publique oser poser des mots et des larmes sur cette difficulté s’avère précieux. “Ce type de témoignage peut aider beaucoup de mères justement, à ressentir beaucoup moins de culpabilité”, souligne-t-elle.

Le piège de la compensation et de la fusion
À l’âge de 4 ans, un enfant traverse des phases de remaniement complexes, entre désirs d’autonomie et régressions. Face à cela, la tentation de vouloir tout porter seule est immense pour une mère célibataire. Elle subit une charge mentale totale (comportementale, financière, émotionnelle).

Selon Aline Nativel Id Hammou, ce schéma pousse souvent à “une hyper vigilance, un hyper investissement puisqu’il peut y avoir une forme de culpabilité d’être le seul parent”.

Ce besoin constant de compenser l’absence du père empêche d’accéder au concept libérateur de la maman “suffisamment bonne”.

Le risque majeur est alors de voir “l’enfant devenir parfois la seule source d’épanouissement”. Ce qui mène à une relation en vase clos propice à “un épuisement parental”. La psychologue insiste : la santé mentale maternelle est un sujet crucial qui reste, encore aujourd’hui, un grand tabou social.