Mort de Lyhanna : après l’appel lancé par la réalisatrice Andréa Bescond, victime de viols à Moissac en 1987, des rassemblements lundi soir à Montauban et Castelsarrasin

Mort de Lyhanna : après l’appel lancé par la réalisatrice Andréa Bescond, victime de viols à Moissac en 1987, des rassemblements lundi soir à Montauban et Castelsarrasin

Jean-Philippe Bésiers, maire de la commune, n’a pas hésité une seule seconde. Alors que des associations engagées contre les violences faites aux mineurs ont appelé à des rassemblements simultanés dans plusieurs villes de France, il a lui-même invité les habitants de Castelsarrasin à se réunir devant le tribunal ce lundi soir à 19 heures.

Après la découverte du corps de Lyhanna, jeudi dans le Gers, à une quinzaine de kilomètres de Fleurance, l’élu décrit une situation d’une extrême. “C’est l’horreur dans toute sa dimension, la justice a failli. Je ne comprends pas comment on a pu en arriver là”, affirme-t-il. Des propos tenus alors que Jérôme Barella, principal suspect, mis en examen et incarcéré, était déjà cité dans plusieurs affaires impliquant des mineures. Mais aucun de ces dossiers n’a débouché sur une condamnation judiciaire.

Le triste souvenir de Moissac

Parmi les voix qui ont encouragé à manifester devant l’ensemble des tribunaux, figure la réalisatrice et actrice Andréa Bescond. Elle a grandi à Moissac avant de témoigner, à l’âge adulte, des viols qu’elle y a subis lorsqu’elle était enfant. Un vécu qu’elle a porté à l’écran avec Les Chatouilles, co-réalisé avec Éric Métayer, film présenté à Cannes et récompensé aux César. La scénariste a également annoncé une représentation exceptionnelle de son spectacle Les Chatouilles ou la danse de la colère, inspirée de son enfance, mercredi à 20 heures aux Folies Bergère, à Paris. Cette soirée, dont les recettes seront reversées à la Fondation des Femmes, sera dédiée à “la mémoire de Lyhanna et à tous les enfants victimes de violences sexuelles”.

Vendredi, sur TF1, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a estimé que “l’institution judiciaire n’avait pas su protéger” la petite fille. Il a présenté ses excuses à la famille de la victime et “aux Français qui sont légitimement choqués de voir de telles défaillances”. Le ministre a également affirmé qu’il “tirerait toutes les conséquences” de cette affaire, dénonçant “un immense échec” dans le traitement judiciaire du dossier.

La justice mise en cause